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Sécurité et libertés : un équilibre à trouver

Written By Unknown on Sabtu, 25 Oktober 2014 | 14.18

Au-delà de l'émotion suscitée par les tragiques événements des derniers jours, il y a la nécessité d'agir. Mais comment? Pour certains, il faut resserrer les lois et la sécurité pour que les terroristes et leurs acolytes ne puissent plus se faufiler entre leurs mailles, alors que d'autres prônent la prudence, soutenant que légiférer dans le feu de la panique, c'est risquer de brimer des libertés et faire ainsi le jeu des extrémistes. 

Au soir de la fusillade à Ottawa, Gilles Duceppe a eu ces mots dont il ne soupçonnait peut-être pas le retentissement : « En situation de guerre, toute personne se livrant à de la propagande en faveur de l'ennemi peut être traduite en justice et éventuellement condamnée. » En clair, des individus peuvent être arrêtés ou condamnés sur la base des opinions qu'ils ont exprimées.

L'avocat Julius Grey y voit un risque de dérapage et exprime son profond désaccord avec l'ex-chef bloquiste. « Il avait tort sur cette question, à mon avis, parce qu'il ne faut pas avoir des crimes d'opinion », plaide le militant des droits de la personne sur les ondes de Radio-Canada.

Rappelant les ravages du maccarthysme aux États-Unis dans les années 1950, Me Grey précise qu'« on peut être puni pour des crimes, pour des complots, mais pas pour les opinions, même si ces opinions sont incompréhensibles, stupides, véhémentes et inacceptables. »

Entrevue avec le ministre Steven Blaney

Resserrer l'étau légal

Les appels au resserrement des lois antiterroristes n'ont pas tardé à fuser au lendemain des attaques à Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu. Hasard du calendrier, le gouvernement Harper va déposer dans les prochains jours un projet de loi pour renforcer les pouvoirs des autorités sécuritaires.

Profitera-t-il de la peur ambiante pour proposer une législation musclée? Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a dit que son gouvernement souhaitait que davantage de pouvoirs soient dévolus au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). « Le défi, ce sont les seuils qui permettent soit de procéder à des arrestations préventives, soit à des accusations qui mènent à des sentences, ou à des opérations plus simples », a expliqué le ministre.

Pourtant, pour bien des spécialistes, l'arsenal juridique actuel est largement suffisant pour faire face aux menaces terroristes.

L'avocat et criminaliste Jean-Claude Hébert signale qu'en matière de terrorisme les « soupçons raisonnables » des services de sécurité peuvent constituer une preuve, selon notre système juridique. « Or, le ministre [Steven Blaney] nous dit qu'il veut abaisser le niveau. Je me demande bien où on va être rendus en bas des soupçons », affirme-t-il.

« L'arrestation préventive, ça existe déjà. À partir du moment où un policier a des soupçons raisonnables que quelqu'un est mêlé à des activités terroristes ou favorise des activités terroristes, il peut l'arrêter, l'amener devant un juge et là faire une audition qui est quand même assez rapide. C'est simple comme procédure. » — L'avocat et criminaliste Jean-Claude Hébert

Pour Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire adjoint à la GRC, ce dont les policiers ont besoin, ce sont beaucoup plus des effectifs additionnels pour mener les enquêtes nécessaires. « Les corps policiers, présentement, ont des outils. Et il y a un certain nombre de ces outils-là qu'ils n'utilisent même pas ou à peu près pas ».

Me Hébert croit déceler un « penchant naturel » chez les policiers à demander constamment plus de moyens et des lois plus musclées au gouvernement, qui a souvent accédé à leur demande, d'après lui.

Cela dit, il ne comprend pas qu'avec tous les outils dont ils disposent, les services de sécurité n'ont pas réussi à prévenir et neutraliser à temps la menace terroriste à Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu. « C'est une très bonne question à laquelle, tôt ou tard, les services de police auront à répondre. Ils ne pourront pas toujours dire : ''on manque de ci, on manque d'argent''. Il y a quand même eu peut-être une certaine forme de négligence. On a tous vu et constaté que la sécurité pour ce qui est du parlement, ce n'était pas fort, fort. Il y aurait pu y avoir quelque chose de mieux préparé, de mieux sécurisé que ce qu'on a vu dans les images, dans les reportages ».

« Il y a un examen de conscience à faire de la part des forces policières, des services de renseignement, des gens qui s'occupent de la sécurité. Et il va falloir qu'ils assument leur responsabilité eux aussi et qu'ils admettent qu'à un moment donné, ils ont peut-être été un petit peu lents à agir. » —  Jean-Claude Hébert

Un outil nommé le Code criminel

Les amendements apportés l'année dernière au Code criminel fournissent suffisamment d'outils aux policiers, en ce sens qu'ils permettent d'obtenir « l'interrogatoire d'un individu, s'il y a des motifs raisonnables de croire qu'une infraction de terrorisme sera commise ».

Plus encore, en vertu de ces modifications, des restrictions « allant jusqu'à un emprisonnement d'un an » peuvent être imposées à une personne à laquelle on prête des velléités terroristes avec « des motifs raisonnables ».

D'aucuns diront qu'il y avait là assez d'instruments légaux pour permettre aux policiers de mettre en détention Martin Couture-Rouleau, qui a tué un des deux militaires sur lesquels il a foncé avec sa voiture. Le jeune homme de Saint-Jean-sur-Richelieu, identifié comme « voyageur à haut risque », était déjà sous surveillance. La GRC lui avait retiré son passeport pour éviter qu'il se rende en Syrie et l'a arrêté avant de le relâcher rapidement, car « la preuve ne permettait pas de l'inculper ».

Éviter les dérives

S'il convient que la surveillance est indispensable pour épier et décourager des terroristes potentiels, Julius Grey estime néanmoins qu'« on n'a pas besoin d'une nouvelle loi qui permet l'arrestation de quelqu'un sans procès ou sans accusation, ni de fouille quand il n'y pas une supervision judiciaire. Parce que ça, ça devient très dangereux. Ça laisse toute la discrétion à des gens. Certains vont être très bien, mais d'autres peuvent être trop péremptoires, injustes, partisans, qui sait? »

« Quand il y a une forme de révision judiciaire ou parlementaire, quand la police ou les organismes de surveillance n'ont pas une discrétion sans limites, on peut espérer que les dérapages, bien qu'ils puissent arriver, soient peu nombreux. Si on adopte une loi très large, tout est à craindre.  » — Julius Grey

Légiférer dans l'urgence est déjà un motif de préoccupation pour Julius Grey : « [...] De temps en temps, il faut revoir les lois, je ne suis pas quelqu'un qui pense que la sécurité est figée - notamment du point de vue technologique, il y a de nouvelles choses qui sont disponibles, il faut encadrer et en même temps permettre leur utilisation. Mais ce qu'il ne faut pas, c'est avoir des lois qui sont dictées par une réaction compréhensible, mais exagérée et également dangereuse ».

L'avocat craint qu'une psychose généralisée conduise le pays à tomber dans le piège des terroristes, celui de limiter les libertés. « Ce qui est important, c'est de préserver l'équilibre entre la sécurité et les libertés publiques, parce que, d'une part, la sécurité, il en faut, mais les libertés publiques sont essentielles », fait-il remarquer.

« Eux [les terroristes], ils n'ont pas de liberté chez eux, ils n'ont pas d'égalité et de justice sociale. S'ils réussissent à ébranler notre État pour enlever justement la justice sociale, les libertés publiques, ça va être une victoire assez considérable [pour eux]. » — Julius Grey

Loi sur les services de renseignement : reportage de Daniel Thibeault

L'opposition prudente

Les partis de l'opposition ne voient pas non plus d'un bon œil le fait de légiférer dans un contexte de fébrilité. 

« [...] Je pense que, comme dans bien des choses, il faut attendre que la poussière retombe », plaide Françoise Boivin, la porte-parole du parti du NPD en matière de justice, qui rappelle que les conservateurs ont déjà adopté « énormément de choses » dans le cadre de leur programme législatif de loi et d'ordre.

« Commençons par regarder nos lois actuelles, ce que l'on a, et voir (...) s'il y avait des manques par rapport à ce qui s'est passé cette semaine ou s'il y aurait des choses qui auraient pu être utilisées.  » — Françoise Boivin, députée du NPD

Le NPD préconise davantage de larges consultations auprès des experts et de la société civile avant recourir rapidement à un projet de loi.

Le Parti libéral propose pour sa part la mise en place d'un comité permanent, qui serait composé des élus de la Chambre des communes, pour superviser les activités des agences sécuritaires du pays. Une option vite écartée par les conservateurs.

« On reconnaît le besoin d'avoir plus de mesures de sécurité, mais en même temps, il faut s'assurer qu'il n'y a pas d'abus du côté des droits humains », souligne le député Marc Garneau.


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Une mosquée vandalisée en Alberta

Le reportage de Frédéric Arnould

Une mosquée de Cold Lake, au nord-est d'Edmonton, a été la cible d'un acte de vandalisme vendredi matin.

Deux fenêtres ont été fracassées, et les mots « rentrez chez vous » en anglais ont été peints à la bombe aérosol sur les murs.

Le crime serait survenu vers 6 h 30, selon la Gendarmerie royale du Canada, qui enquête sur l'affaire.

« C'est difficile à voir, surtout lorsque vous arrivez pour une prière matinale pacifique », a déclaré le porte-parole de la mosquée, Mahmoud Elkadri. « Cette ville, c'est aussi la mienne. Mes enfants sont nés et ont grandi à Cold Lake », a-t-il ajouté. 

Les citoyens de Cold Lake prêtent main-forte 

Déjà en fin de matinée, l'ambiance à la mosquée n'était plus la même. Des dizaines de citoyens s'étaient présentés pour nettoyer la mosquée et réparer les dommages. Alors que certains repeignaient, d'autres ornaient les murs de messages positifs. Les inscriptions « vous êtes chez vous » et « aimez vos voisins » pouvaient être lues en fin de journée. 

Le résident de Cold Lake, Matt Downey, est revenu avec sa petite fille pour offrir des fleurs à Elkadri. « Je voulais qu'il sache que les voyous n'avaient pas parlé pour la majorité et qu'il est important de comprendre la différence entre religion et extrémisme ». 

Le porte-parole de la mosquée affirme avoir reçu la visite de soldats stationnés à la base militaire de Cold Lake, avec qui il ajoute avoir partagé ses peines. « Tous ensemble, tous les citoyens, nous avons pleuré ce matin », a-t-il dit. 

Le maire de Cold Lake, Craig Copeland, a pour sa part ajouté que la mosquée faisait partie de la communauté, et qu'il condamnait les messages racistes peints sur le bâtiment. 

Ce dernier est d'avis que cet acte de vandalisme résulte de la fusillade survenue mercredi à Ottawa et qui a coûté la vie au caporal Nathan Cirillo dont la dépouille a été rapatriée à Hamilton vendredi soir. Craig Copeland estime que les gens extériorisent leur frustration à la mauvaise place.


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« La loi doit changer », dit le père de Martin Couture-Rouleau

Le père de Martin Couture-Rouleau s'exprime

Dans une conversation téléphonique avec Radio-Canada, Gilles Rouleau, le père de l'auteur présumé de l'attentat contre deux militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu, dit avoir tout fait pour sauver son fils.

« C'était mon fils, je voulais l'aider, je voulais tellement l'aider. » — Gilles Rouleau

M. Rouleau avait d'ailleurs lui-même alerté la GRC des comportements radicaux de son garçon.

« J'avais un mauvais feeling », dit-il, en faisant référence entre autres à un voyage que son fils préparait pour visiter un ami Facebook au Moyen-Orient.

Mais les policiers, en dépit de plusieurs rencontres avec Martin Couture-Rouleau, dont la dernière le 9 octobre dernier, et malgré plusieurs renseignements selon lesquels il désirait quitter le pays pour se joindre à des groupes extrémistes, n'ont pas été autorisés à déposer des accusations.

« Le problème c'est la loi : la loi doit changer. Ils ne pouvaient rien faire et les policiers m'assurent que ça va changer. » — Gilles Rouleau

Le gouvernement Harper déposera un projet de loi aux Communes la semaine prochaine pour renforcer les pouvoirs des forces de sécurité.

Entre temps, le père du défunt Martin Couture-Rouleau dit qu'il a besoin de temps pour se relever.

« J'ai mal. Je dois vivre avec ce qu'il a laissé, je suis en ''câlisse'' après lui », a-t-il ajouté, la gorge nouée par l'émotion.

Gilles Rouleau dit coopérer pleinement avec l'enquête en cours et avoir donné aux policiers un plein accès à sa résidence, où son fils habitait le sous-sol.

Selon un ami de Martin Couture-Rouleau à qui Radio-Canada a parlé en début de semaine, il avait converti au moins trois ou quatre personnes à l'islam dans son entourage.

« Tout ce que je peux vous dire, c'est que mon fils essayait de convertir tous ses amis et la majorité ne voulait plus le voir depuis des mois. » — Gilles Rouleau

Interrogé sur la fusillade d'Ottawa et le problème de la radicalisation de jeunes canadiens, Gilles Rouleau lance un appel à la vigilance : « Appelez la police, appelez la police ».


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Ce qui s'est passé à l'intérieur du parlement à Ottawa

La séquence des événements à l'intérieur du parlement

Après la séquence des événements à l'extérieur du parlement à Ottawa livrée jeudi en conférence de presse par la GRC, on en apprend un peu plus maintenant sur la façon dont les événements se sont déroulés à l'intérieur de l'édifice. Récit préparé par notre journaliste Daniel Thibeault.

Une fois entré à l'intérieur du parlement, près de la porte, après avoir blessé un premier gardien d'une balle à la cheville, Michael Zehaf-Bibeau a pu parcourir sans embûche tout le corridor du hall d'honneur.

Tout s'est passé très vite et Zehaf-Bibeau, pourchassé par des policiers et des gardiens, a pu se rendre, sans échange de coups de feu, jusqu'au bout du corridor.

Près de la porte de la bibliothèque du parlement, l'assaillant s'est réfugié dans une alcôve, derrière un gros pilier. Alerté, le sergent d'armes Kevin Vickers avait quitté son bureau tout près de là et a pu s'approcher de l'autre côté du pilier qui protégeait le tireur.

Seul le canon du fusil du tireur était visible par les témoins.

Dans un geste héroïque, M. Vickers s'est jeté par terre et, en tournant sur lui-même, a fait feu à quelques reprises sur le suspect.

Michael Zehaf-Bibeau est tombé au sol, M. Vickers a fini de vider son chargeur sur lui. Les autres agents armés se sont aussi précipités pour tirer sur l'assaillant.

Kevin Vickers est ensuite retourné à son bureau, a rechargé son arme et est allé au caucus conservateur informer le gouvernement de ce qui venait de se passer.


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Le Québec n'est pas encore prêt à lutter contre l'Ebola

Entrevue avec Richard Marchand

Est-ce que le Québec est vraiment prêt à lutter contre une épidémie d'Ebola comme l'affirme le ministre de la Santé Gaétan Barrette? « La réponse, c'est non », affirme le microbiologiste et infectiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal, Richard Marchand.

Le médecin admet que le système de santé s'est effectivement mis en branle pour anticiper des cas de maladie d'Ebola dans les derniers jours, après la conférence de presse du ministre, mais le système n'est pas encore prêt à faire face à la menace, selon lui.

« Je pense que dans la dernière semaine, on a fait plus que dans les trois mois qui ont précédé. On était tellement occupé à essayer de gérer les coupes qu'on ne bougeait pas grand-chose sur le terrain. Donc, ça s'est beaucoup accéléré. On commence à recevoir dans la plupart des endroits une bonne partie des équipements demandés. »

L'entraînement du personnel a débuté, mais il n'est pas terminé. « Il n'est pas suffisamment avancé pour minimiser les risques, à mon avis, de façon notable. Moi, je crois qu'à ce stade-ci, si on voulait fonctionner intelligemment, on devrait faire une équipe d'extraction. Si un cas se présente à Matagami ou à Lakeshore, ou à Québec, l'équipe arrive en hélicoptère, on le ramasse et on l'amène », propose le médecin.

« Il faudrait que le réseau sente que pour le moment, ces équipes-là viendraient retirer les cas », dit-il.

« Ça permettrait de diminuer la pression d'implantation. Parce que là, on court beaucoup pour faire cet entraînement-là et c'est un entraînement qui est assez méticuleux, qui est beaucoup plus exigeant que les gens ne le pensent. » — Richard Marchand

En effet, il ne s'agit pas seulement pour le personnel médical d'apprendre à utiliser les équipements de protection de manières sécuritaires. En fait, ce sont les gestes médicaux à poser eux-mêmes qui doivent être assimilés.

« Vous avez un patient devant vous, qui est en état de choc, qui a 140 de pouls, qui a 80 de pression, qui est complètement déshydraté et qui n'a aucune veine, puis là vous avez un scaphandre avec une paire de gants, puis vous devez essayer d'installer une intraveineuse. Vous avez besoin de vous entraîner à faire ça », explique le Dr Marchand, qui ajoute qu'une logistique particulière doit être mise en place.

Une maladie très mortelle

Le virus Ebola, explique Richard Marchand, s'attaque à presque toutes les cellules du corps à l'exception de celles des os et du cartilage. « À l'intérieur des tissus, ça s'attaque aux vaisseaux sanguins, donc il y a des hémorragies massives dans le tube digestif; les microbes de l'intestin prennent les voies sanguines, donc on tombe en choc septique. Et pendant cette phase, on a des problèmes d'électrolytes, des problèmes d'acidose, on est extrêmement malade ».

Le travail du médecin consiste alors à soutenir l'organisme de la personne contaminée.

« Il faut supporter la personne en la réhydratant. Elle perd de 6 à 8 litres pendant la journée en liquide en vomissements et en tout ce que vous pouvez imaginer, en saignements.

« Il faut compenser ça, il faut compenser les électrolytes, il faut compenser les pertes sanguines, il faut ajuster la respiration, les gaz sanguins... » — Richard Marchand

Pour traiter la maladie, une des techniques présentement utilisées est de faire une transfusion d'anticorps de quelqu'un qui a vaincu la maladie, lorsque cela est possible.

Néanmoins, les traitements ne fonctionnent que dans 50 % des cas.

« Ce virus n'est pas très infectieux. Par contre, quand vous l'attrapez, bien vous avez 50 % de risques d'être mort trois semaines plus tard. » — Richard Marchand

Les spécialistes en médecine ont encore des choses à apprendre pour lutter contre le virus Ebola. « Et probablement qu'au cours des prochains jours, des prochaines semaines, on va augmenter notre capacité de traitement », espère Dr Marchand.


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Qui était Michael Zehaf-Bibeau, le tireur au parlement?

Written By Unknown on Jumat, 24 Oktober 2014 | 14.19

Portrait du tireur : reportage de Karine Bastien

L'auteur de la fusillade au parlement d'Ottawa a été identifié comme étant Michael Zehaf-Bibeau, 32 ans. Natif de Montréal, il a quitté le Québec il y a quelques années pour s'installer dans l'Ouest canadien. Un rapport psychiatrique de 2011 indique que l'homme, qui se décrivait comme un musulman convaincu depuis sept ans, affirmait avoir une dépendance à la cocaïne.

Sa mère, Susan Bibeau, est fonctionnaire fédérale. Elle détient un poste de direction à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.

Son père, Bulgasem Zehaf, est d'origine libyenne. De 1994 à 2004, il a été propriétaire du café bistro Tripol, dans la rue Crescent, à Montréal. M. Zehaf voyageait régulièrement entre le Canada et la Libye, où son fils l'aurait accompagné pour un court séjour.

Bulgasem Zehaf serait retourné dans son pays d'origine en 2011 pour se battre contre le régime de Mouammar Kadhafi, mais il est depuis revenu au Canada.

Les parents de M. Zehaf-Bibeau ont divorcé en 1999 mais, selon un proche ami de Mme Bibeau, ils seraient encore en contact.

Le tireur a fréquenté des écoles primaires et secondaires de Laval. Il a également fait sa deuxième année de secondaire au Collège Stanislas, une école privée d'Outremont.

L'homme qui voulait aller en prison

Michael Zehaf-Bibeau avait été condamné à plusieurs reprises au Québec au cours des années 2000 pour des accusations reliées à la possession de drogue.

Sa dernière adresse connue est au centre-ville de Vancouver, dans une maison de chambres de la rue Cordova. Il aurait brièvement fréquenté la mosquée Masjid Al-Salaam, à Burnaby.

En décembre 2011, Michael Zehaf-Bibeau s'était présenté à un poste de la GRC à Burnaby pour déclarer un vol à main armée qu'il a commis il y a 10 ans. Il disait qu'il voulait aller en prison, sans-abri qu'il était. Sans preuve, les policiers ne pouvaient l'arrêter, mais ils l'ont tout de même retenu en vertu de la loi sur la santé mentale. Il a été aussitôt libéré, même s'il voulait rester en prison.

Quelques heures après sa libération, il est entré dans un restaurant McDonald's et a menacé un employé avec un bâton, lui réclamant de l'argent. Les policiers sont intervenus et l'ont arrêté et cela semblait lui convenir. Il a été condamné à une journée de prison.

Michael Zehaf-Bibeau a subi une évaluation psychiatrique qui concluait que « l'accusé est conscient de la charge et des éventuelles conséquences de la condamnation. Il veut être en prison, car il estime que c'est la seule façon pour surmonter sa dépendance à la cocaïne ».

Le rapport relevait aussi qu'« il a été un musulman dévoué pendant sept ans et croit qu'il doit passer du temps en prison en guise de sacrifice pour ses erreurs du passé. Il espère être une meilleure personne à sa libération. »

Le psychiatre avait toutefois statué que cela n'est pas suffisant pour conclure à un « diagnostic de trouble mental. »

Durant les deux dernières semaines de sa vie, il fréquentait un refuge pour sans-abri d'Ottawa.

Un homme qui l'y a côtoyé soutient qu'il avait l'air tout à fait normal, mais qu'en même temps, son comportement était bizarre et qu'il lui faisait plutôt peur. Michael Zehaf-Bibeau portait toujours un keffieh noir et blanc et disait aux autres de prier parce qu'il croyait que la fin du monde approchait.

Pas d'explication possible, dit sa mère

La mère de Michael Zehaf-Bibeau, Susan Bibeau, a été jointe au téléphone jeudi par l'Associated Press. La femme, qui était à l'extérieur du Québec au moment des événements à Ottawa, était sous le choc. En larmes, elle a dit pleurer pour les victimes de l'attentat, et non pour son fils. Elle a ajouté qu'elle ne savait que dire aux personnes touchées par l'attaque.

« Peut-on vraiment expliquer une telle chose? », s'est-elle demandé. « Nous sommes désolés. »

Par la suite, dans un courriel qu'elle a fait parvenir à l'AP, Mme Bibeau et son ex-mari, Bulgasem Zehaf, le père du suspect, s'excusent « pour toute la douleur, l'effroi et le chaos » que leur fils a créés. Susan Bibeau se dit très en colère contre ce dernier, qu'elle avait vu la semaine dernière pour la première fois depuis cinq ans.

M. Zehaf-Bibeau est soupçonné d'avoir tué le caporal Nathan Cirillo, et d'avoir ouvert le feu dans le hall d'honneur du parlement avant d'être abattu dans l'édifice du centre. Trois autres personnes ont été blessées au cours de l'attaque.

Un individu « désillusionné qui nourrissait des croyances extrémistes »

En conférence de presse jeudi, le commissaire de la GRC Bob Paulson a déclaré que Michael Zehaf-Bibeau ne faisait pas partie des 93 personnes à risques qui font actuellement l'objet d'enquêtes à la GRC.

« Nous avons appris, grâce à notre enquête, que cet individu [Michael Zehaf-Bibeau] était à Ottawa au moins depuis le 2 octobre 2014, qu'il était en ville pour régler une question de passeport, mais qu'il espérait également quitter pour la Syrie. » — Le commissaire à la GRC Bob Paulson, durant la conférence de presse au lendemain de l'attaque perpétrée contre le Parlement canadien

La GRC a appris que Michael Zehaf-Bibeau « pouvait avoir eu » la double citoyenneté, soit canadienne et libyenne.

Bien que le suspect ne figurait pas parmi les 93 personnes surveillées par les autorités, Michael Zehaf-Bibeau était connu de la GRC avant le drame du 22 octobre à Ottawa qui a coûté la vie au caporal Nathan Cirillo. 

En effet, Bob Paulson a révélé que Zehaf-Bibeau avait fait une demande de passeport et que la GRC avait reçu une demande d'enquête à ce sujet. La GRC ne disposait cependant d'aucun renseignement alors qui aurait pu indiquer qu'il pouvait poser un risque pour la sécurité nationale.

Cependant « le dossier criminel de Michael Zehaf-Bibeau montrait de la drogue, de la violence et d'autres activités criminelles », explique Bob Paulson. 

La GRC n'a pas révélé si Michael Zehaf-Bibeau avait finalement obtenu un passeport.

« La GRC avait également des informations non corroborées selon lesquelles il [Michael Zehaf-Bibeau] avait des associations avec un individu qui est connu de la GRC. » — Le commissaire à la GRC Bob Paulson, durant la conférence de presse au lendemain de l'attaque perpétrée contre le Parlement canadien

La GRC a appris également que le véhicule beige qu'a utilisé Michael Zehaf-Bibeau pour se diriger vers le site du parlement avait été acheté le 21 octobre 2014. Il est à noter qu'un deuxième véhicule a par la suite été utilisé par le suspect, soit la voiture noire de la ministre d'État Michelle Rempel, sur la colline du Parlement.

« Nos partenaires à la police d'Ottawa et à la GRC, on est d'accord que Zehaf-Bibeau a agi seul hier et qu'il est la même personne qui a tué le militaire au cénotaphe et s'est faufilée dans le parlement.  » — Le commissaire à la GRCBob Paulson, durant la conférence de presse au lendemain de l'attaque perpétrée contre le Parlement canadien

Selon la GRC, il n'existe pas de lien entre Martin Couture-Rouleau, le suspect dans l'attaque de St-Jean-sur-Richelieu et Martin Zehaf-Bibeau. 

Martin Zehaf-Bibeau était quelqu'un de « désillusionné qui nourrissait des croyances extrémistes », a conclu Bob Paulson.

 

Avec les informations de Tamara Alteresco


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Zehaf-Bibeau n’était pas un des 93 suspects surveillés

Le reportage de Daniel Thibeault

Le commissaire de la GRC, Bob Paulson, a confirmé que Michael Zehaf-Bibeau, l'auteur de l'attaque contre le parlement, ne figurait pas sur la liste des 93 personnes interdites de voyage par les services de sécurité en raison de leur radicalisation.

Lors d'un point de presse, M. Paulson a décrit Michael Zehaf-Bibeau comme un « désillusionné qui nourrissait probablement des croyances extrémistes » et dont le geste est « clairement relié à sa radicalisation ». Mais, a-t-il souligné, « « ses motifs ne sont pas clairs ».

Le casier judiciaire de l'Homme de 32 ans « montrait des infractions en matière de drogues, de violence et d'autres activités criminelles ». 

La GRC enquête encore pour bien cerner son profil. Elle a pu trouver un lien entre l'assaillant du parlement et un autre individu qui fait l'objet d'accusations de terrorisme. Il s'agit d'un courriel trouvé dans le disque dur de ce suspect, dont l'identité n'a pas été révélée.

Une vidéo de la GRC montrant la séquence des événements

Le parcours du tireur capté sur vidéo

En attente d'un passeport pour voyager en Syrie

Lors du point de presse conjoint avec la police d'Ottawa, on a notamment appris que Zehaf-Bibeau avait fait une demande de passeport. Il aurait mentionné dans sa demande son intention de se rendre en Libye, pays d'origine de son père. 

Le document ne lui avait pas été encore délivré et une enquête était en cours à son sujet. La GRC n'a pas été en mesure de dire s'il aurait obtenu ou pas son passeport.

Le chef de la GRC a indiqué que c'est la mère de Zehaf-Bibeau qui a informé les policiers, mercredi, de la véritable destination de son fils : la Syrie. 

Il a précisé que si les services de sécurité en avaient été avisés auparavant, ils auraient ajouté son nom à la liste des personnes surveillées. 

Quelque 90 individus sont considérés par les autorités canadiennes comme susceptibles de vouloir aller se battre aux côtés des islamistes en Irak ou en Syrie. Le commissaire Paulson a refusé de préciser s'il allait rehausser la surveillance de certains de ces individus, voire en appréhender, dans la foulée des événements tragiques des derniers jours.

Pas de lien avec Martin Couture-Rouleau

Le commissaire Paulson a par ailleurs souligné qu'à ce stade de l'enquête, il ne pouvait établir aucun lien entre Zehaf-Bibeau et Martin Couture-Rouleau, qui a attaqué deux militaires et en a tué un à Saint-Jean-sur-Richelieu.

La police d'Ottawa et la GRC sont arrivées à la conclusion que Zehaf-Bibeau « a agi seul et que c'est la même personne qui a perpétré les attaques à la fois au cénotaphe et sur la Colline du Parlement ».

Les deux corps policiers vont toutefois poursuivre leur enquête pour déterminer s'il « a reçu du soutien sous une forme ou une autre dans la planification de son attentat ».

Les enquêteurs doivent aussi tenter de comprendre comment le suspect a pu obtenir une carabine, alors qu'il était interdit de possession d'arme à feu.

Rappelons que la fusillade a fait une victime, le caporal Nathan Cirillo, qui montait la garde au Monument commémoratif de guerre.

Les membres du Parlement lui ont rendu aujourd'hui un hommage unanime et soutenu, de même qu'ils ont salué le courage du sergent d'armes Kevin Vickers, qui a abattu l'assaillant.

Le patron de la GRC a précisé que la sécurité autour du premier ministre Stephen Harper serait considérablement rehaussée et que des policiers de la GRC seraient dorénavant à ses côtés 24 heures sur 24.

Pour suivre l'événement en direct à ottawa, cliquez ici


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Enquête : détresse derrière les barreaux

Exclusif - Comment le Québec traite-t-il les personnes incarcérées atteintes de problèmes de santé mentale? Maintes fois montré du doigt au fil des ans, le système carcéral québécois assure qu'il fait de son mieux avec les moyens à sa disposition. Mais chaque année, des personnes incarcérées s'enlèvent la vie dans les établissements de détention du Québec.

Pour vous raconter cette enquête, nous vous proposons un reportage long format, que vous pouvez consulter de différentes façons :


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Les réponses d'un djihadiste montréalais que nous cherchions

Le compte rendu de Marie-Ève Bédard

Exclusif - Nous pensions pouvoir retrouver la trace de Sami, un jeune djihadiste né à Montréal, dans la ville turque d'Antakya. En collaboration avec la journaliste Chantal Lavigne et l'équipe d'Enquête, nous espérions pouvoir combler les lacunes dans son récit du djihad depuis la fermeture de son compte Facebook. Et nous y sommes arrivés.

Des contacts dans la région d'Antakya, affiliés aux milices du Front al-Nosra, nous avaient dit avoir repéré Sami dans une maison sécurisée, en convalescence. Trop tard, nous a-t-on dit une fois sur place. Il était, selon nos contacts, tout juste de retour en Syrie pour y poursuivre des traitements médicaux.

Au téléphone, un homme nous a dit être responsable de la maison sécurisée où, avec d'autres combattants du Front al-Nosra, Sami passait son temps entre des opérations. Impossible de rencontrer des étrangers, nous dit l'homme. « Je n'ai pas la permission, je ne veux pas de problèmes avec Al-Qaïda », nous a-t-il dit.

Alors qu'on n'attendait plus de ses nouvelles, Sami a finalement répondu à nos demandes de contacts. Il a d'abord semblé surpris de notre intérêt. Toujours alité, il a refusé de dire s'il était effectivement en Syrie ou à l'abris des combats du côté de la Turquie.

Quand vient le temps d'expliquer ce qui l'a poussé à tout laisser tomber pour prendre les armes dans la Syrie de ses ancêtres, il se montre plus bavard.

Sami confirme faire partie du Front al-Nosra, l'affilié officiel d'Al-Qaïda en Syrie. S'il se bat, dit-il, c'est pour établir un État religieux.

« Je veux un État islamique comme il l'a déjà été sous les différents califats pendant plus d'un millénaire. La démocratie est née depuis à peine 60 ans et elle nous a prouvé à quel point elle est corrompue. » — Sami, djihadiste né à Montréal

Mais Sami affirme ne pas reconnaître ses aspirations à la loi divine dans le groupe armé État islamique (EI) et son dirigeant, Abou Bakr Al-Baghdadi. « Al-Baghdadi n'a pas appliqué les étapes du califat et tous les savants sont contre ses agissements », avance-t-il.

Le Canada et l'EI

Mais ça ne veut pas dire que Sami appuie la participation du Canada dans la campagne de bombardements aériens de la coalition contre l'EI, loin de là. « Ils ont été déçus de réaliser que le peuple syrien ne voulait pas de démocratie. Alors maintenant, ils combattent le peuple syrien pour leurs choix politico-religieux. »

Il ignorait tout des événements tragiques survenus au Canada au cours des derniers jours. Mis au courant de l'assassinat de deux soldats canadiens, l'adjudant Patrice Vincent et le réserviste Nathan Cirillo, Sami a tout de suite pensé qu'il s'agissait de représailles envers la politique du Canada.

« Le problème, c'est le gouvernement canadien qui a accepté de tremper ses mains dans le sang des musulmans en Syrie. Et c'est ça qui a déclenché les représailles des musulmans. » — Sami, djihadiste né à Montréal

« Le jour où le gouvernement canadien se désolidarise de ce mouvement de croisade contre l'Islam et de la liberté politique et religieuse des musulmans dans leur pays, alors là seulement s'arrêteront les représailles qui n'ont en fait pas officiellement commencé », indique Sami.

Le jeune Montréalais a-t-il des regrets? Souhaite-t-il revenir au Canada? Ici, la réponse est sans équivoque : « non ».


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Un cas d'Ebola à New York

Un médecin de retour à New York après s'être rendu en Guinée pour y soigner des malades d'Ebola a appris qu'il est atteint du virus, selon des médias américains. Il s'agit du premier cas diagnostiqué dans la mégapole américaine.

Le Dr Craig Spencer a été admis d'urgence à l'hôpital Bellevue, jeudi, dans le respect du protocole, et mis en isolement. Le diagnostic initial devra être confirmé par les Centres américains pour le contrôle des maladies (CDC). 

Le maire de New York, Bill Blasio s'est voulu rassurant lors d'une conférence de presse des autorités tenue en fin de soirée, même s'il s'agit du premier cas d'Ebola de la plus grande ville du Canada.

« Les New Yorkais n'ont aucune raison de s'inquiéter », a-t-il insisté, ajoutant que la Ville se préparait depuis des mois en raison de la menace d'Ebola.

Le malade qui travaillait en Guinée pour Médecin sans frontières a seulement été exposé à quatre autres personnes avec qui les autorités sont déjà en contact, selon le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo.

Trois des ces personnes, sa fiancée et deux amis, ont eu des contacts rapprochés avec lui et l'une d'entre elles se trouve à l'hôpital. La quatrième personne est un chauffeur de taxi qui n'est pas à risque, selon la commissaire à la santé de la ville de New York, Mary Travis Bassett.

Le Dr Spencer a commencé à avoir de la fièvre et à ressentir des douleurs abdominales aujourd'hui, a-t-elle précisé au cours de la conférence de presse.

Le médecin a pris le métro de Manhattan à Brooklyn mercredi soir, où il est allé dans une salle de quilles avant de prendre un taxi pour revenir chez lui. Il n'y avait pas de risque de contamination, car il ne présentait pas encore de symptômes, précise Mme Travis Bassett. 

Les résultats des tests effectués sur le Dr Spencer en vue de confirmer le diagnostic seront connus d'ici les 24 prochaines heures, mais aucun examen ne sera pratiqué sur ses trois proches, étant donné qu'ils ne présentent aucun symptôme, a déclaré la commissaire à la santé de New York.

Le médecin, qui était en Guinée du 12 au 14 octobre, est arrivé à l'aéroport international Kennedy le 17 octobre. Il a pris toutes les précautions nécessaires et a fait prendre sa température deux fois par jour, indique Mary Travis Bassett. Le Dr Craig Spencer s'est senti fatigué le 21 octobre, mais n'a pas eu de fièvre avant le 23.

Renforts médicaux et monétaires pour lutter contre l'épidémie

La mobilisation internationale pour contenir l'épidémie du virus Ebola prend de nouvelles formes au moment où le Mali enregistre son premier cas d'infection.

L'Union africaine (UA) a annoncé le déploiement de plus d'un millier d'aides-soignants en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia.

Selon la présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, la République démocratique du Congo enverra à elle seule 1000 professionnels de la santé dans ces pays de l'Afrique de l'Ouest, dont un premier contingent de 200 médecins.

Elle a rappelé aussi que la Communauté d'Afrique de l'Est (CEA) avait annoncé l'envoi de plus de 600 professionnels de santé, dont 41 médecins, le 17 octobre.

Ces renforts s'ajouteront à ceux fournis par Cuba, qui a dépêché mercredi 83 professionnels supplémentaires au Liberia et en Guinée, après avoir envoyé, dès le début du mois, 165 médecins et infirmiers en Sierra Leone.

Cette aide est précieuse, car, comme l'a souligné le directeur général adjoint de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Keiji Fukuda, il est « extrêmement difficile de trouver assez de personnels soignants » pour lutter contre Ebola.

D'après l'OMS, 443 soignants ont contracté le virus et 244 d'entre eux en sont morts.

Aide européenne et dons américains

Ces bonnes nouvelles s'ajoutent à celle de la Commission européenne qui a débloqué l'équivalent de 30 millions de dollars « pour donner un coup de fouet » à la recherche.

L'Union européenne a désormais un homme qui va coordonner la riposte à l'épidémie : le Chypriote Christos Stylianides, le nouveau commissaire européen aux Affaires humanitaires.

Pour sa part, le cofondateur de Microsoft, le milliardaire et philanthrope américain Paul Allen, a fait part de sa décision de porter ses dons pour combattre Ebola à 100 millions de dollars.

Avant lui, Bill Gates a offert un chèque de 50 millions de dollars à travers la Bill & Melinda Gates Foundation. Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg et sa femme Priscilla Chan ont, eux, donné 25 millions de dollars aux Centres américains de contrôle et de prévention des maladies.

Possible « inflexion dans la courbe »

L'OMS a parlé jeudi d'une possible « inflexion dans la courbe » de la progression de la maladie d'ici à la fin de l'année.

Le président sierra-léonais, Ernest Bai Koroma, a manifesté le même optimisme affirmant que l'épidémie serait « contenue » dans le pays « d'ici à la fin de l'année ».

Pendant ce temps, le Mali a enregistré son premier cas confirmé d'Ebola. Il s'agit d'une fillette venue de la Guinée voisine, qui a été placée en quarantaine. En Côte d'Ivoire, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé est recherché.

Ces développements font craindre un débordement de l'épidémie vers d'autres pays d'Afrique de l'Ouest.

Le virus Ebola a fait près de 5000 morts, selon le dernier bilan de l'OMS. Le Liberia est le pays le plus affecté par la maladie avec 2705 morts (4665 recensés), suivi par la Sierra Leone (3706 cas et 1259 décès) et la Guinée (1540 cas et 904 morts).


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