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Dissensions conservatrices quant à la suspension de Duffy, Wallin et Brazeau

Written By Unknown on Jumat, 25 Oktober 2013 | 14.18

Le reportage de Marc Godbout

Le Sénat se réunira de nouveau vendredi à propos du sort à réserver à Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau, tous trois montrés du doigt pour des dépenses injustifiées. Les membres de la Chambre haute pourraient se prononcer sur une motion de suspension sans salaire des trois sénateurs.

Il faudra, au préalable, voter sur un amendement libéral qui veut renvoyer toute cette affaire devant un comité sénatorial.

Des dissensions sont apparues au sein du caucus conservateur, jeudi, alors que le sénateur Donald Neill Plett s'est dit en désaccord avec les motions concernant ses trois collègues. Il prévoit voter contre la position de son parti pour la première fois dans sa carrière. Le sénateur a indiqué qu'il ne pouvait se résoudre à appuyer une motion qui viole selon lui les droits fondamentaux des trois sénateurs d'être traités de manière équitable.

À son arrivée à la Chambre haute jeudi après-midi, le sénateur Patrick Brazeau a dit avoir en main des documents prouvant que le comité de régie interne du Sénat lui avait donné droit aux allocations de logement qu'on lui a ensuite réclamées.

L'ex-leader du gouvernement au Sénat, Marjory LeBreton, a demandé au sénateur Duffy de déposer aussi les documents qui l'assureraient, selon lui, que ses dépenses respectent les règles du Sénat.

M. Duffy et Mme Wallin ont présenté leur défense mardi et mercredi, écorchant au passage Stephen Harper et quelques sénateurs conservateurs. Le premier ministre a confirmé sans hésiter, mercredi, qu'il appuyait les motions visant à suspendre les trois sénateurs.

Entre-temps aux Communes

L'opposition à la Chambre des communes a une fois de plus talonné le premier ministre, jeudi après-midi. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a souligné les contradictions du premier ministre Harper, qui a admis mercredi que des gens haut placés du Parti conservateur étaient au courant du chèque de 90 000 $ que son ancien chef de cabinet, Nigel Wright, a remis au sénateur Mike Duffy.

« Ils ont mis Nigel Wright dehors, disant qu'il y avait juste lui qui était au courant du chèque, que personne d'autre était au courant du chèque au bureau du premier ministre, c'est ça qu'il [Stephen Harper] nous a dit le 5 juin. Hier, il a admis que plein de monde dans son entourage était au courant [...] Pourquoi le premier ministre a encore changé sa version des faits? » — Thomas Mulcair


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Quotas à l'assurance-emploi : la dénonciatrice est licenciée

Le reportage de Frédéric Arnould

Une employée de Service Canada a été congédiée après avoir divulgué des informations confidentielles montrant que les enquêteurs de l'assurance-emploi avaient des quotas de prestations à récupérer.

Sylvie Therrien a reçu mardi un avis lui expliquant qu'elle avait perdu sa cote de fiabilité et qu'elle ne pouvait donc plus travailler à Service Canada.

« Ça veut dire que je ne peux plus travailler pour le gouvernement », a déclaré la résidente de Vancouver. « Je n'ai plus 20 ans, alors ce n'est pas facile à mon âge de me retrouver sans emploi. »

L'ex-employée de la division Ouest de Service Canada explique que même si elle savait qu'un congédiement était possible, elle ne croyait pas que les choses iraient jusque là. « On se dit toujours, ils vont revoir [...] cette histoire, ils ne vont pas, comme ça, me mettre à la porte. »

Démentis, puis aveux d'Ottawa

L'hiver dernier, Mme Therrien a divulgué à la presse les instructions reçues par les enquêteurs de Service Canada leur demandant de récupérer environ 500 000 $ par an de prestations d'assurance-emploi touchées de manière frauduleuse.

Elle a affirmé à de nombreuses reprises qu'elle avait pris cette décision parce que l'imposition de tels quotas allait à l'encontre de ses valeurs.

Le gouvernement avait nié vigoureusement l'existence de tels quotas, mais il avait été talonné à plusieurs reprises lors de la période des questions à la Chambre des communes, en février. La ministre des Ressources humaines à l'époque, Diane Finley, avait d'abord démenti l'existence de ces quotas, puis elle avait reconnu qu'il existait des cibles régionales.

La nouvelle a soulevé les protestations des citoyens.

Aucun regret

En mai, interrogée par les enquêteurs, Mme Therrien a admis qu'elle était à l'origine de la fuite et elle a été suspendue sans solde.

« Je ne regrette pas puisque je ne pouvais pas faire autrement. » — Sylvie Therrien

« J'ai tout simplement répondu à mon propre appel de moral. Maintenant, j'espère que cela va changer les choses, pour les gens qui dénoncent publiquement [...] et au niveau, évidemment, de l'assurance emploi, puisque cela a été ma raison principale pour dévoiler », a-t-elle expliqué.

« Elle connaissait la nature de son emploi. » — James Gilbert, sous-ministre adjoint, Bureau des relations avec les médias, Emploi et Développement Social Canada 

En réponse à la couverture médiatique du congédiement de Sylvie Therrien, le gouvernement fédéral a rappelé qu'elle « connaissait la nature de son emploi et ses responsabilités, y compris les exigences du code de conduite du Ministère ».

« Si Mme Therrien tenait à faire connaître son opinion ou ses inquiétudes au sujet de son emploi, il existait plusieurs avenues pertinentes pour le faire. Elle s'est plutôt adressée directement aux médias et a fourni des documents qui ne devaient pas être divulgués au public », a affirmé dans une déclaration écrite le sous-ministre adjoint aux Affaires publiques et relations avec les intervenants, James Gilbert, au nom du gouvernement fédéral.

Il a ajouté que « les employés de Service Canada ne subissent pas de conséquences pour ne pas avoir atteint de prétendus "quotas". Comme le font la plupart des organisations, Service Canada fixe des objectifs qui aident à déterminer de quelle façon doivent être affectées les employés et les ressources. »

D'autre part, le Conseil national des chômeurs (CNC) a lancé une campagne de soutien financier à Sylvie Therrien.

« Le courage qu'a eu Sylvie Therrien doit être accompagné d'une autre chose... notre solidarité! », a affirmé par voie de communiqué Pierre Céré, porte-parole du CNC.


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Le PQ organise des assemblées d'investiture en vue d’éventuelles élections

Les précisions de Sébastien Bovet

Le Parti québécois tiendra des assemblées d'investiture dans 48 circonscriptions dans les prochains jours. Une première vague vise 36 circonscriptions détenues par le PQ, tandis que 12 autres assemblées suivront quelques jours plus tard.

Le Québec compte 125 circonscriptions au total.

Le PQ a envoyé des lettres aux membres du parti pour les aviser qu'une période de mise en candidature pour l'investiture dans leur circonscription débute vendredi et se poursuivra jusqu'au 4 novembre.

Malgré le parfum électoral, le Parti québécois estime qu'il n'y a rien d'étonnant dans cette démarche dans le contexte actuel de gouvernement minoritaire. Il s'agit de se préparer à un éventuel scrutin général.

« On peut être renversé n'importe quand, alors il faut se préparer à des élections. » — Alexandre Cloutier, ministre délégué aux Affaires intergouvernementales

Si la date exacte de la tenue de ces assemblées d'investiture n'est pas précisée, les candidats potentiels sont invités à se manifester et à présenter leur candidature pour les prochaines élections.

Le gouvernement de Pauline Marois tient en fin de semaine, au lac Taureau à Saint-Michel-des-Saints, un Conseil des ministres spécial pour discuter de l'opportunité de déclencher des élections automnales au Québec.


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Ducks 1 - Canadien 4 - Le trio de Plekanec se lève

Le résumé du match, les échos de vestiaire par Michel Chabot et l'analyse de Dany Dubé.

Si le trio de Lars Eller transportait le Canadien en début de saison, celui de Tomas Plekanec a pris la relève depuis quelques matchs.

À leur deuxième ensemble depuis la blessure de Prust, Plekanec, Michaël Bournival et Brian Gionta ont totalisé sept points dans un gain de 4-1 du Canadien (6-4-0) sur les Ducks d'Anaheim (7-3-0), jeudi.

Cette unité a donné le ton à la rencontre dès la première période. Bournival a d'abord marqué en faisant dévier une frappe de Nathan Beaulieu, avant de préparer le but de Plekanec en interceptant une passe molle de Ryan Getzlaf.

« Quand tu respectes le système, de bonnes choses se produisent, a rappelé Bournival, dans une phrase qui ressemblait drôlement à du renforcement positif des entraîneurs. J'étais bien positionné en échec-avant. C'est sûr qu'on va le prendre, ce revirement-là! »

Dans les secondes qui ont précédé le but de Plekanec, le Tricolore avait embouteillé les Ducks, une séquence amorcée quand Getzlaf s'est fait ravir la rondelle par... Bournival. Le trio de Plekanec a d'ailleurs été opposé à celui de Getzlaf et Corey Perry pendant la majeure partie du match. Mais les deux vedettes ont connu une soirée à oublier.

Gionta a creusé l'écart en période médiane lors d'une mêlée devant le filet de Jonas Hiller, pendant un avantage numérique de deux hommes.

Au troisième vingt, encore en avantage numérique, Plekanec et Gionta ont cette fois mis en scène un filet de Rene Bourque, un but à point pour le CH puisque les Ducks venaient de réduire l'écart à deux buts.

Bournival a donc prolongé à quatre sa série de matchs avec au moins un point (2-3-5), tandis que Plekanec totalise sept points au cours de la même période (4-3-7).

Effort constant

Patrick Maroon a assuré la riposte pour les visiteurs, et Carey Price a bloqué leurs 31 autres tirs.

Contrairement aux récents matchs contre les Oilers et les Blue Jackets, au cours desquels les Montréalais ont laissé filer des avances de 2-0 et 3-0, les hommes de Michel Therrien ont maintenu le rythme pendant 60 minutes. À l'exception d'une légère baisse de régime en troisième période, la défense montréalaise a forcé les Ducks à s'en tenir à des tirs de loin, faciles à arrêter pour Price.

« À partir de la deuxième période, où on a péché par excès de confiance dernièrement, on voulait s'assurer de bien jouer défensivement, a dit Therrien. Quand tu resserres le jeu, les autres clubs devront tirer de loin. Et quand il y a eu des erreurs, Carey Price a été très bon. »

De bons mots pour Desharnais

Pendant que le trio de Plekanec s'illustrait, celui de Bourque, David Desharnais et Travis Moen a été incapable de marquer un but. Ça n'a toutefois pas empêché les trois joueurs de connaître quelques bons moments. On a même aperçu Desharnais en échappée en première période, après qu'il eut lui-même créé le revirement pour y parvenir.

« Il peut bâtir sa confiance sur ce match, a estimé Therrien. J'ai aimé son match à Winnipeg et ce soir, il a été concentré, il a bien patiné, c'était un de ses bons matchs. »

Desharnais demeure toutefois coincé à une maigre passe en 10 matchs cette saison.

La soirée de Koivu

Dans ce qui pourrait être son dernier match à Montréal, l'ancien capitaine du Tricolore Saku Koivu a été blanchi de la feuille de pointage. La foule a tout de même salué sa présence pendant l'hymne national américain, de même que dans les dernières minutes, en scandant son nom. Elle a eu une troisième occasion de se faire entendre quand Koivu a obtenu la troisième étoile de la rencontre.

« C'était incroyable, a lancé Koivu. Je ne veux pas regarder trop loin devant, mais si c'était ma dernière présence ici, c'est exactement comme ça que je l'avais imaginé. »

« J'étais content que Bruce Boudreau lui donne l'occasion de finir le match sur la patinoire, a ajouté Therrien, jadis son entraîneur-chef. Saku a été un bon capitaine pour le Canadien pendant 10 saisons. Montréal est une place spéciale qui sait reconnaître les athlètes qui se sont donnés corps et âme. J'étais très fier de la réaction des partisans. »


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Un quart de million d'immigrants haïtiens menacés d'expulsion

Les explications de Sophie Langlois

La République dominicaine, cet État insulaire des Antilles, menace d'expulser 244 000 immigrants haïtiens, même si certains y vivent depuis des décennies.

C'est que la Cour constitutionnelle de République dominicaine a tranché : les enfants d'Haïtiens nés en République dominicaine depuis 1929 ne sont pas des Dominicains.

Au total, c'est donc la moitié des quelque 485 000 immigrants haïtiens du pays, des sans-papiers en majorité, qui pourraient se voir reconduire aux frontières. La République dominicaine partage d'ailleurs sa seule frontière terrestre avec Haïti.

Tout a commencé avec la poursuite d'une jeune mère de deux enfants, Juliana Deguis Pierre. Elle s'est fait retirer la citoyenneté dominicaine en 2008 sous prétexte qu'elle n'avait pas d'acte de naissance valide.

Pourtant, la femme n'a jamais mis les pieds en Haïti. Son père avait émigré en République dominicaine dans les années 1970 pour travailler dans les plantations de cannes à sucre.

Impacts sur l'économie dominicaine

Si Saint-Domingue met ses menaces à exécution, les dizaines de milliers d'expulsés deviendraient apatrides, car ils n'ont pas la nationalité haïtienne.

Une telle expulsion de masse porterait aussi un dur coup à l'économie dominicaine. Les Haïtiens y effectuent bien souvent les travaux difficiles dans différents secteurs d'activités, notamment en agriculture, dans le textile et dans l'industrie touristique.

Dans les plantations de cannes à sucre, les coupeurs de cannes touchent l'équivalent de 1,25 $ pour une tonne coupée, selon Amnistie internationale. Dans les faits, ils recevraient des coupons qui leur donnent accès à des boutiques.

De son côté, l'ONU tire la sonnette d'alarme expliquant qu'Haïti est incapable d'accueillir ce flot de réfugiés, ce pays étant déjà en crise humanitaire quasi permanente.

Solidarité canadienne

Des Haïtiens de Montréal en appellent maintenant à la solidarité des Canadiens. Ils demandent de boycotter la République dominicaine, au moment de choisir une destination soleil.

Mercredi, une trentaine de personnes ont manifesté devant le consulat de la République dominicaine à Montréal pour dénoncer cette situation.

Le consulat a réagi par voie de communiqué. Il précise que le gouvernement dominicain mettra sur pied un bureau pour examiner, un à un, les dossiers de tous les Haïtiens concernés avant de décider s'ils seront expulsés ou non.

D'après les informations de Sophie Langlois


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Sénat : Pamela Wallin dit être victime d'un abus de pouvoir

Written By Unknown on Kamis, 24 Oktober 2013 | 14.18

Le reportage de Marc Godbout

Après Mike Duffy et Patrick Brazeau, Pamela Wallin s'est à son tour défendue devant ses collègues du Sénat afin de contester la motion présentée dans le but de la suspendre sans salaire, de la priver de son bureau et d'autres avantages liés aux fonctions de sénatrice.

D'entrée de jeu, Pamela Wallin a indiqué qu'elle était victime d'abus de pouvoir et d'injustice. Selon elle, la volonté des conservateurs de l'expulser du Sénat est purement politique et constitue un affront à la démocratie.

« Si le Sénat va de l'avant avec cette motion, je crois que ce sera la fin de la Chambre haute. » — Pamela Wallin devant le Sénat

La sénatrice a indiqué que la motion visant son expulsion était un acte de « vengeance personnelle » de la part de proches du premier ministre. Elle a souligné avoir été l'objet d'une enquête secrète et d'une vérification comptable prolongée de manière indue par la firme Deloitte qui obéissait, selon elle, aux ordres du gouvernement Harper.

Dans un plaidoyer émotif livré au Sénat, mercredi après-midi, Pamela Wallin a soutenu avoir été pénalisée injustement parce qu'elle était, aux yeux de certains de ses collègues, une sénatrice un peu trop engagée, militante et sollicitée pour de nombreuses apparitions publiques tant au Canada qu'à l'étranger, vu son expérience passée en tant que communicatrice et journaliste.

Mme Wallin s'en est prise nommément aux sénateurs d'allégeance conservatrice David Tkachuk et Carolyn Stewart Olsen, de même qu'à Marjory LeBreton, ex-leader du gouvernement au Sénat. Pamela Wallin dit avoir fait l'objet de dérision de la part de Marjory LeBreton qui l'a taxée, dit-elle, « de narcissisme ». La sénatrice LeBreton, prenant la parole par la suite, a déclaré que le narcissime en question constituait le noeud du problème l'opposant à Pamela Wallin. Marjory LeBreton a toutefois réfuté les allégations de Mme Wallin au sujet des dépenses de cette dernière, affirmant qu'elle n'avait « jamais discuté des dépenses de Pamela Wallin avec qui que ce soit ».

Sénatrice de la Saskatchewan, Pamela Wallin s'était déjà excusée quant aux dépenses qu'elle a indûment réclamées et pour lesquelles elle a dû démissionner du caucus conservateur. Elle avait alors concédé qu'elle aurait dû réviser ses allocations de dépenses plus attentivement, tout en soulignant que le service des finances du Sénat n'avait jamais sonné l'alarme à ce sujet.

L'ex-journaliste et animatrice à CBC et à CTV a accepté de rembourser les quelque 140 000 $ qui lui ont été réclamés, après les vérifications de la firme Deloitte, mandatée par le Sénat. Elle juge toutefois que le processus était « injuste », notamment parce que de nouvelles règles ont été appliquées de manière rétroactive.

L'analyse d'Emmanuelle Latraverse, suivie d'une entrevue avec le chef du NPD, Thomas Mulcair

Harper en cause

Rappelons que mardi, Mike Duffy, a éclaboussé le premier ministre Stephen Harper en déclarant, devant le Sénat, que ce dernier lui avait personnellement ordonné de rembourser les 90 000 $ d'allocations de logement qu'il avait réclamées au Parlement.

Mercredi, les déclarations fortes du sénateur Duffy n'ont pas manqué de faire des vagues à la Chambre des communes, où le premier ministre Stephen Harper a été soumis à un feu nourri de questions, provenant de l'opposition.

La racine du problème, selon Thomas Mulcair du NPD

« La racine du problème est que ce sont des non-élus qui se prennent pour des législateurs, mais, la plupart du temps, ce sont des gens battus aux élections qui sont nommés au Sénat à vie et ils peuvent changer les lois », dénonce le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, dont la formation politique, le Nouveau Parti démocratique (NPD) milite en faveur de l'abolition du Sénat.

Cela dit, M. Mulcair ne rejette pas l'hypothèse avancée par les sénateurs Duffy et Wallin selon laquelle ces derniers sont victimes d'une sorte de règlement de comptes de la part du bureau du premier ministre Harper. « Tant et aussi longtemps qu'ils étaient en train de vendre la salade du Parti conservateur, ils ont [été] utilisés », a affirmé Thomas Mulcair en entrevue à l'émission 24/60 à RDI. Interrogé à savoir s'il s'agissait de « lynchage », Thomas Mulcair a acquiescé : « Oui, c'est un très bon terme ».


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Sauvé dans les griffes de Rizzuto fils

Le reportage de Catherine Kovacs

L'entrepreneur Paul Sauvé affirme que le fils du parrain de la mafia, Nick Rizzuto fils, et les entrepreneurs Tony Renda, Mike Argento et Giancarlo Bellini sont intervenus en sa faveur afin qu'il décroche un contrat de plus de 10 millions de dollars pour la réfection de la toiture de l'hôtel de ville de Montréal en 2008.

Un texte de François Messier

En échange de leur intervention, offerte lors d'une rencontre tenue au printemps 2008, les quatre hommes ont exigé que Paul Sauvé leur remette 500 000 $ à la fin du contrat et qu'il embauche Toitures Trois Étoiles, propriété de M. Bellini, à titre de sous-traitant.

MM. Renda et Rizzuto fils lui demanderont en outre 40 000 $ pour soudoyer des conseillers municipaux. « Beaucoup de bouches à nourrir, les conseillers », aurait déclaré le fils du parrain à Paul Sauvé en appui à cette dernière demande, mais sans donner de noms.

L'entrepreneur soutient toutefois que Tony Renda a ouvertement parlé de ses liens avec Frank Zampino et Sammy Forcillo, respectivement président et vice-président du comité exécutif de la Ville à l'époque.

Paul Sauvé a bel et bien embauché Toitures Trois Étoiles à titre de sous-traitant et a payé Mike Argento par chèque pendant un certain temps pour couvrir le paiement de 40 000 $. Il n'a cependant jamais versé la somme de 500 000 $ puisqu'il n'a pu terminer le chantier comme prévu.

Cette histoire a été racontée sous ordonnance de non-publication par Paul Sauvé à la commission Charbonneau le 18 septembre. La levée partielle de cet interdit nous permet de la relater. M. Sauvé en a déjà raconté des pans dans son livre, L'Industrie de la corruption, et en avait livré certains détails à Radio-Canada.

Un contrat bloqué

LM Sauvé avait décroché le contrat de réfection de la toiture de l'hôtel de ville de Montréal avec une soumission de 10,67 millions de dollars. Le comité de sélection avait initialement retenu Toitures Trois Étoiles, mais cette compagnie, propriété de Giancarlo Bellini, n'avait pas respecté un « très grand nombre de critères obligatoires » et avait été disqualifiée.

Le 14 mars 2008, Paul Sauvé apprend donc qu'il est le soumissionnaire conforme ayant obtenu le plus de points selon l'évaluation du comité. L'information lui vient du chargé de projet Robert Paradis, prêté à la Ville par Genivar. L'approbation du conseil municipal tarde cependant à venir, ce qui ne manque pas de l'inquiéter.

Il se souvient que M. Bellini lui avait dit avant que les soumissions ne soient déposées : « C'est nous qui allons avoir ce contrat-là. C'est nous qui avons la panoplie de contacts dans l'appareil municipal. » Il entend en outre des rumeurs selon lesquelles le patron de Toitures Trois Étoiles fait des pieds et des mains pour que le projet déraille.

« Dans les appels d'offres de cette envergure-là, ça prenait un contenu italien, point à la ligne », soutient Paul Sauvé.

« Il fallait être branché dans cette machine-là, dans cet appareil-là, puis il fallait travailler selon le sanctum du triumvirat des conseillers italophones, dans le protectorat de Frank Zampino, à l'œil aveugle de Gérald Tremblay. » — Paul Sauvé

Tony Renda appelé à l'aide

Déterminé à obtenir le contrat, Paul Sauvé se rend donc sans rendez-vous chez l'entrepreneur en construction Tony Renda, qu'il connaît grâce à un client commun. Il avait déjà expliqué dans son livre que l'homme exerçait une « influence considérable » au sein de l'industrie montréalaise de la construction.

« C'est un milieu rough dans lequel ça joue du coude, ça joue dur. Et je veux avoir un son de cloche d'un membre de la communauté italophone qui est entrepreneur pour me dire comment ça marche », dira-t-il à la commission, qui était intéressée à connaître la raison de cette démarche.

Avant même que M. Sauvé ne lui expose la raison de sa visite, l'entrepreneur lui lance : « T'es ici pour la Ville de Montréal », ce qui ne manque pas de l'étonner. Il lui demande des détails sur le projet en cause, dont le nom de ses concurrents pour l'appel d'offres, et lui dit au bout d'une vingtaine de minutes qu'il lui reviendra à ce sujet.

Tôt le lendemain, Tony Renda l'appelle et lui dit : « Viens au bureau immédiatement, il faut qu'on se voit là, tout le monde est ici ». Paul Sauvé se rend sur place, et constate à son arrivée que M. Renda est accompagné de son concurrent Bellini et de deux autres hommes, qu'il ne connaît pas. Il s'agissait en fait de Nick Rizzuto fils et de Mike Argento.

Nick Rizzuto fils, qui dira « être cousin ou membre de la famille » de Giancarlo Bellini, demeurera « très effacé » dans cette affaire.

« Il est là. C'est le fils du père », soutient M. Sauvé.

Une offre que Sauvé ne peut refuser

MM. Renda, Argento et Bellini ouvrent rapidement leur jeu. « Il faut trouver une façon de réintégrer Toitures Trois Étoiles. C'est pas correct qu'elle ait été disqualifiée, elle a des compétences », lui disent-ils en somme. Paul Sauvé comprend qu'il s'agit là d'une « condition » pour obtenir leur aide et se montre disposé à y donner suite.

Tony Renda lui demande ensuite « une participation au profit du chantier » de l'ordre de 500 000 $. Cette demande, qui équivaut à 5 % de la valeur du contrat de l'hôtel de ville, était « énorme », affirme Sauvé, qui précise cependant qu'il s'agissait d'un chiffre « théorique » modulable selon le déroulement du chantier.

En échange de l'accord de Paul Sauvé, Tony Renda, qui agit comme « porte-parole » du groupe, lui donne quelques assurances. « C'est qu'il connaît des conseillers à la Ville, et qu'il va s'assurer de faire les appels téléphoniques appropriés, et d'établir le contact pour que le projet regagne la bonne rail [sic] et qu'il soit résolu au conseil municipal [...] qu'il doit passer ».

Paul Sauvé acquiesce. « C'est une décision d'affaires », explique-t-il à la commission. « On va trouver un rôle à cette entreprise-là, puis on va l'intégrer dans l'équipe, puis peut-être que ça va avoir le push nécessaire pour que l'appel d'offres ne soit pas mis au rancart. »

Tony Renda lui aurait spécifiquement mentionné lors de la rencontre qu'il avait « un contact avec Frank Zampino », qui était sur le point de quitter ses fonctions, et avec Sammy Forcillo. « Selon les dires de Renda, il serait allé voir Forcillo », soutient Paul Sauvé.

Le conseil municipal accordera finalement le contrat à LM Sauvé le 28 mai 2008. Toitures Trois Étoiles, à laquelle Paul Sauvé comptait n'accorder que 25 % à 30 % du travail sur la toiture, finira par réaliser une bien plus grande portion du travail, qui devait plutôt être confiée à Toitures Saint-Léonard.

Lorsque Paul Sauvé sera écarté du chantier en avril 2009, en raison de problèmes avec sa compagnie d'assurances, la compagnie de Giancarlo Bellini, pourtant écartée par la Ville au terme de la soumission initiale en raison de sa non-conformité, terminera l'ensemble des travaux.

De l'argent pour corrompre

Pendant que les travaux étaient en cours, dit Paul Sauvé, Tony Renda et Nick Rizzuto fils lui ont tous deux demandé 40 000 $ pour « nourrir des bouches » à l'hôtel de ville, mais sans nommer quiconque. Paul Sauvé assure ne leur avoir rien donné; il a plutôt payé Mike Argento pendant un certain temps.

« On sentait qu'il fallait acheter un peu la paix », a expliqué Paul Sauvé.

« Dans ma tête, on réglait le problème en envoyant de l'argent [...] Je me disais : on va envoyer de l'argent, on va voir [...] qu'est-ce que ça va nourrir. » — Paul Sauvé

Mike Argento, cofondateur et copropriétaire du Groupe Ercole, propriétaire de Sept Frères Construction, n'a probablement fait aucun travail sur le chantier, a concédé Paul Sauvé. Mais il essayait constamment de se rapprocher de LM Sauvé.

« Il était constamment en train de me dire : "Tu as besoin d'aide, tu as besoin d'aide, on a un contact très haut placé à la FTQ et au Fonds. On sait que t'as eu des difficultés dans le passé, fais-nous confiance, on va te donner un coup de main. Laisse-nous rentrer dans ton entreprise. On n'est pas des si mauvais garçons que ça" », a-t-il relaté à la commission.

« J'étais allé dans le coin de la cour d'école voir ce que c'était, là, ça ne me tentait pas d'y retourner », a commenté Paul Sauvé, en référence aux problèmes qu'il a vécus avec les Hells Angels vers 2005-2006.

M. Sauvé a abondamment parlé de cette affaire lors de son témoignage, mais ces extraits demeurent frappés d'un interdit de publication, en raison du procès que doivent subir plusieurs accusés, dont le Hells Angel Normand « Casper » Ouimet.

Le maire Tremblay informé de l'affaire

Paul Sauvé soutient avoir néanmoins prévenu le chef de cabinet du maire Gérald Tremblay de cette demande d'extorsion à l'hiver ou au printemps 2009.

« J'avais vraiment mon voyage et je suis allé voir Stéphane Forget, puis je lui ai dit : "Écoute là, ça tient pas la route là, voici ce qui se passe" », a-t-il dit.

Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau le 25 avril dernier, l'ex-maire Gérald Tremblay a confirmé avoir été informé de la situation par M. Forget, et que ce dernier avait soutenu que Paul Sauvé disait que l'argent « devait servir à donner une contribution à Sammy Forcillo et à Cosmo Maciocia ».

M. Tremblay disait avoir prévenu la Sûreté du Québec et avoir discuté de l'affaire avec les deux conseillers mis en cause.

« Ils ont nié catégoriquement, ils sont allés voir leur avocat. » — Gérald Tremblay

En juin 2009, l'avocat de MM. Forcillo et Maciocia, Me Claude-Armand Sheppard, avait fait parvenir une mise en demeure à La Presse, qui avait révélé cette histoire.

On pouvait y lire que ses clients « affirment qu'ils n'ont été mêlés ni de près ni de loin aux incidents allégués, n'ont aucune connaissance des individus qui auraient prétendu agir en leur nom et n'ont trempé en aucune façon dans les agissements mentionnés dans l'article. ».

Me Sheppard a représenté Frank Zampino devant la commission Charbonneau en avril dernier.

Dans une entrevue téléphonique qu'il a accordée en 2010 à notre collègue Alain Gravel de l'émission Enquête, Tony Renda admet avoir rencontré Paul Sauvé et lui avoir conseillé de « partager » le travail. Il confirme connaître Nick Rizzuto fils, mais ne peut dire s'il a rencontré Paul Sauvé en sa présence. Il dit n'avoir jamais entendu parler de l'histoire des 500 000 $. Il confirme en outre qu'il connaît Sammy Forcillo.

Le fils du parrain ne donnera jamais sa version des faits. Il a été assassiné par balle en pleine rue en décembre 2009, dans Notre-Dame-de-Grâce.

Écoutez trois extraits d'une conversation en 2010 entre le journaliste Alain Gravel et Tony Renda :

Lors d'une conversation tenue en 2010, Alain Gravel demande à Tony Renda ce qu'il a dit à Paul Sauvé

Lors d'une conversation tenue en 2010, Alain Gravel demande à Tony Renda si Nick Rizzuto fils a demandé 500 000 $ à Paul Sauvé

Lors d'une conversation tenue en 2010, Alain Gravel demande à Tony Renda s'il connait Sammy Forcillo


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Michel Arsenault témoignera sur la gestion du Fonds FTQ

Le PDG de la Fédération des travailleurs du Québec, Michel Arsenault, sera entendu le 5 novembre prochain par la Commission des finances publiques à Québec, au sujet de la gouvernance du Fonds de solidarité FTQ.

M. Arsenault préside le conseil d'administration du fonds de travailleurs. Le PDG du Fonds de solidarité FTQ, Yvon Bolduc, comparaîtra à ses côtés.

Les deux dirigeants syndicaux pourront à cette occasion « présenter les mesures d'amélioration de [la] gouvernance [du Fonds], plus particulièrement les changements apportés en 2009 », selon ce que stipule la motion adoptée à l'Assemblée nationale.

Mardi, des députés péquistes ont bloqué une proposition de motion de la Coalition avenir Québec quant à cette convocation de la commission, jugeant que le mandat proposé par le député de la CAQ Christian Dubé était trop large et trop partisan.

Certains membres affiliés à la FTQ, au sein de l'aile québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique, sont pour le départ de Michel Arsenault, en raison d'allégations l'ayant éclaboussé devant la commission Charbonneau concernant les liens du syndicat avec le crime organisé.

La ministre du Travail, Agnès Maltais, siégera à la Commission des finances publiques pour ce mandat particulier. 

L'Autorité des marchés financiers (AMF) est aussi convoquée le 5 novembre, selon le texte de la motion parlementaire.


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Hillary Clinton de passage à Montréal en mars

L'ancienne secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, sera à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), le 18 mars prochain.

Le président de la chambre de commerce, Michel Leblanc, en a lui-même fait l'annonce sur son fil Twitter.

En soirée, mercredi, il a toutefois été impossible d'obtenir plus de détails sur le passage de l'ancienne chef de la diplomatie américaine à Montréal.

En octobre 2010, son mari et ancien président des États-Unis, Bill Clinton, avait été interviewé par Frank McKenna devant la CCMM.

De nombreux observateurs prêtent des ambitions présidentielles à Hillary Clinton. Elle est pressentie pour briguer l'investiture démocrate en prévision de l'élection présidentielle américaine de 2016. Dans une entrevue à CNN, plus tôt ce mois-ci, elle a affirmé qu'elle rendrait sa décision en 2014.

Hillary Clinton a déjà tenté sa chance à l'investiture démocrate de 2008. Elle a toutefois dû abdiquer devant Barack Obama avant que celui-ci ne se fasse élire pour la première fois.

Dès le début de son mandat, en 2009, le président américain avait nommé Hillary Clinton au poste stratégique de secrétaire d'État. L'ancienne première dame a dirigé la diplomatie américaine jusqu'à son remplacement par John Kerry, en février dernier.

Hillary Clinton avait auparavant été sénatrice démocrate représentant l'État de New York.


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Capitale en guerre, vie de banlieue

Le reportage de Marie-Eve Bédard

Comme le reste du pays, les banlieues de Damas sont ravagées par la guerre civile qui perdure depuis deux ans et demi.

Les quartiers en périphérie de la capitale syrienne sont souvent le théâtre de combats extrêmement violents, comme en témoigne l'attaque chimique qui a révolté la planète, en août.

Marie-Eve Bédard raconte comment la vie des banlieusards doit se poursuivre, malgré les horreurs qui se vivent au quotidien.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient


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