Entrevue avec Charles-Philippe David
Le président russe a signé mercredi un décret pour bannir ou limiter les importations de produits agricoles provenant des pays qui ont frappé la Russie de sanctions au cours des dernières semaines. Le Canada est de ce nombre.
Dans le libellé de son décret, Vladimir Poutine ne spécifie pas quels pays tomberont sous le coup de ces mesures, mais il précise que ce sont les pays qui ont imposé des sanctions à la Russie. Le gouvernement russe établira une liste de produits qui seront exclus des importations pour une durée d'un an, a précisé le Kremlin.
La liste des produits visés par les sanctions russes doit être divulguée jeudi, d'après ce qu'a publié le quotidien russe Vedomosti, qui précise que les aliments pour bébé et le vin ne seront pas touchés.
Selon Alexeï Aleksinko, porte-parole de l'agence de sécurité sanitaire, cité par l'agence Ria Novosti, tous les produits agroalimentaires américains et les fruits et légumes de l'Union européenne seront frappés par cet embargo.
Dans le passé, la Russie a imposé des moratoires à l'importation, mais pour des considérations liées à la santé publique.
La semaine passée, la Russie avait proscrit la plupart des importations agricoles provenant de la Pologne, en invoquant des raisons de santé publique. Mais cette interdiction a été perçue comme une mesure de représailles à l'encontre de Varsovie, qui préconise la ligne dure dans la réponse occidentale à la crise ukrainienne.
- La Russie est le premier importateur mondial de fruits et légumes européens. En 2011, 21,5 % des légumes européens et 28 % des fruits ont été exportés en Russie.
- L'industrie agroalimentaire américaine a exporté pour 1,5 milliard de dollars vers la Russie en 2013. Quelque 276 000 tonnes de volailles américaines ont été vendues en Russie en 2013, soit 8 % des exportations du secteur.
La Russie discute en ce moment avec le Brésil, le Chili, l'Argentine et l'Équateur sur un possible accroissement des importations agroalimentaires. Ces pays n'ont pas imposé de sanctions à la Russie.
Quel impact au Canada?
Ottawa ne sait pas encore si des produits canadiens seront touchés. Toutefois, puisque l'industrie canadienne du porc représente l'essentiel des exportations agroalimentaires canadiennes en Russie, ce domaine pourrait être visé par l'interdiction.
« Nous continuerons de suivre les développements et de nous assurer que l'information sur toute mesure économique de la Russie qui vise le Canada est relayé à l'industrie canadienne », indique Adam Hodge, porte-parole du ministre des Affaires étrangères, John Baird.
M. Hodge ajoute que le gouvernement canadien a pris des mesures envers la Russie en considérant leurs effets potentiels sur les intérêts des entreprises canadiennes.
L'an passé, le Canada a exporté en Russie des produits agroalimentaires pour environ 428 millions de dollars, notamment du porc.
« Comme nos alliés, nous défendrons d'abord notre intérêt national, mais nous ne permettrons pas que seuls les intérêts des entreprises définissent notre politique étrangère », soutient-il.
Le gouvernement Harper a d'ailleurs annoncé mercredi l'imposition de mesures renouvelées à l'encontre de la Russie. « La Russie de M. Poutine étant de plus en plus autocratique à l'intérieur et dangereusement agressive à l'étranger, ce n'est pas le moment d'alléger la pression diplomatique et économique sur le régime », ajoute Adam Hodge.
« La meilleure façon de nous assurer que nos actions aient un impact maximal sur le régime de Poutine, c'est que les pays qui partagent la même vision mènent des actions soutenues, fortes et coordonnées. » — Adam Hodge, porte-parole du ministre des Affaires étrangères, John Baird
Les producteurs canadiens ne devraient pas subir de plein fouet les sanctions russes puisque l'accès au marché russe est important, mais n'est pas majeur, explique Sylvain Charlebois, professeur de l'université de Guelph et spécialiste en sécurité alimentaire.
Il croit plutôt que ces sanctions toucheront principalement la population russe. Les grandes villes comme Moscou dépendent largement des importations agroalimentaires des pays occidentaux. De plus, « le taux inflation en Russie atteint déjà 8 %. Si on empêche l'entrée de produits en Russie, offre moins de variété, on pourrait voir une plus grande inflation. C'est la population russe qui sera prise en otage. »
Toutefois, M. Charlebois croit que le jeu de sanctions économiques avec la Russie n'est pas fini. « Si un pays émet un embargo, les autres pays répliquent. On pourrait assister à une escalade à court ou moyen terme. »
Une porte-parole de la Maison-Blanche, Laura Lucas Magnuson, affirme que ces sanctions ne feront qu'aggraver l'isolement international de la Russie et nuire à sa propre économie.
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